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Emission C dans l'air France 5
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Emission C dans l'air France 5
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Têtues, ces statistiques ! Les statistiques n'ont en général pas bonne presse. « Il y a trois sortes de mensonges : le mensonge, le fieffé mensonge et les statistiques ! » aurait affirmé le premier ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraëli. « Les faits sont têtus, ajoutait l'écrivain américain Mark Twain. Il est plus facile de s'arranger avec les statistiques. » On mesure l'enjeu de ce livre qui n'est rien d'autre qu'une collection de statistiques et qu'un pari sur le bon sens d'un peuple qui ne veut plus se laisser bercer de promesses et de vaines paroles. Car si les statistiques peuvent être régulièrement démenties, quand elles s'ingénient à prédire quel sera le taux de croissance pour les prochaine années ou même peuvent s'avérer assassines quand, mal interprétées, elles servent de support à la mise en place d'un CPE qui engloutira les chances du premier ministre pour les élections présidentielles de 2007, elles sont le plus souvent aussi « têtues » que les faits. |
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La statistique est « têtue » quand elle nous démontre, en effet, que ce ne sont pas 21,8% des jeunes Français de 15 à 24 ans qui sont au chômage mais, seulement 21,8% des jeunes qui ont terminé leurs études et qui cherchent un emploi, soit, seulement 7,8% des « jeunes ». Ce qui est moins anxiogène que ne le pensaient les lycéens et les étudiants qui sont descendus dans la rue en mars 2006. La statistique est également « têtue » quand elle nous démontre que, de 1993 à 2005, la croissance des richesses produites par les Français a été sensiblement inférieure à celle produite par nos principaux partenaires européens et mondiaux. La statistique est aussi « têtue » quand elle chiffre le montant de la dette accumulée par notre pays depuis vingt-cinq ans et qu'elle nous assure que les intérêts qui y sont attachés sont quasiment du même ordre que l'impôt sur le revenu. Elle est aussi formidablement « têtue » quand elle nous apprend que 38% des élèves français de 15 ans ont redoublé au moins une fois alors les jeunes Finlandais, qui alignent les meilleures performances scolaires des pays de l'OCDE, ne sont que 2,8% à avoir subi une telle « punition ». La statistique est par contre sujette à discussion quand elle cherche à mesurer l'évolution des prix depuis l'avènement de l'euro, quand elle évalue le revenu moyen des Français, quand elle interprète l'évolution des crimes et délits ou quand elle recense le nombre d'immigrés ou de demandeurs d'asile. La statistique est enfin formidablement politique quand elle montre, par exemple, que c'est sous le gouvernement de Lionel Jospin que la construction de logements sociaux a lourdement chuté , que c'est au cours des cinq premières années de la présidence de François Mitterrand que le partage des richesses entre le « capital » et le « travail » s'est renversé d'une manière brutale au profit du « capital » et au détriment du « travail » et que c'est toujours au cours des « années Mitterrand » que la Bourse a le plus accru ses gains. Tel est bien l'objet de cette collection de chiffres : nous inviter à observer et à réfléchir avant les échéances politiques capitales de 2007. Les statistiques « têtues » ici rassemblées se veulent tout d'abord résolument optimistes. Certes, beaucoup de Français souriront ou, pire, s'esclafferont quand ils apprendront qu'une étude de la très sérieuse Association européenne du capital-investissement ( EVCA) et du cabinet KPMG place le « site France » au 2ème rang des pays européens les plus accueillants pour les investisseurs après l'Irlande mais devant le Royaume-Uni et l'Allemagne. C'est en fait parce qu'ils ignorent que leur pays a des atouts, considérables, qui ne demandent qu'à être exploités. Que 47% du capital de nos 40 premières entreprises soient en 2006 détenus par des résidents étrangers contre 33% en 1997 et contre seulement 19% des sociétés américaines cotées en dit long sur la schizophrénie d'un pays qui a l'un des taux d'épargne le plus élevé des pays industrialisés mais qui n'oriente pas cette épargne vers ses propres entreprises. Des entreprises grandes et moyennes qui ont démontré leur capacité à surmonter le choc de la mondialisation mais qui, pour les plus modestes d'entre elles, se retrouvent trop souvent étranglées par des prélèvements sociaux et fiscaux excessifs, par des réglementations tatillonnes et des besoins de trésorerie liés à la longueur excessive des délais de paiement. Sept ans après leur création, les entreprises françaises ne parviennent à accroître leurs effectifs que de 7% en moyenne, contre 22% en Allemagne et... 126% aux Etats-Unis. En voilà bien une statistique qui tue... ! Si la France et les Français étaient plus attentifs au destin de leurs entreprises qui seront plus de 500 000 à devoir être cédées dans les dix prochaines années, nul doute que l'emploi, qui sera légitimement au cœur des débats de 2007, s'en porterait mieux. La statistique est aussi résolument optimiste quand elle nous montre une France extraordinairement « féconde », avec un taux de fécondité de 1,9 dans une Europe ( 1,5) qui se « suicide » dans l'indifférence générale d'une population qui devrait méditer cette réflexion de « bon sens » du philosophe français du XVIème siècle, Jean Bodin : « il n'est de richesses que d'hommes ». Pourquoi cet atout considérable dont jouit notre pays n'est-il pas mis en avant et pourquoi, faute d'une politique familiale responsable, une Française sur deux qui voudrait un enfant de plus doit y renoncer pour des raisons économiques ? Faut-il rappeler cette autre statistique ? Dans un pays qui a choisi un système de retraite par répartition - trop de Français ne l'ont pas encore compris-, ce ne sont pas les cotisations versées au long de la vie active qui serviront à payer les pensions, mais les cotisations que verseront les actifs au moment où les seniors s'arrêteront de travailler. Dans ce système, qui dépend de la démographie, le droit à la retraite n'est pas un droit acquis mais un pari sur la fécondité. Ce n'est pas un hasard si les autres Etats européens, confrontés à une chute de leur taux de fécondité, ont relevé à 65 ans voire à 67 ans l'âge légal de départ à la retraite. Encore une question de statistique aussi « têtue » que les faits. Surtout, les statistiques ici rassemblées nous invitent à l'humilité. Plutôt que de brandir à chaque instant l'excellence de notre « modèle social » ou celui de notre système de santé, comparons nous systématiquement aux autres pour tirer de cette comparaison les « leçons » qui nous permettront peut-être de mieux traiter nos problèmes qui ne sont pas minces. Une des statistiques les plus « têtues », en effet, est celle qui mesure notre « moral ». Sans manipulation possible, il est absolument évident que la consommation d'anti-dépresseurs en France a été multipliée par cinq de 1980 à nos jours. Sans mensonge éhonté, on enregistre bien plus de 10 000 suicides par an et 150 000 tentatives avérées, ce qui place nettement la France au-dessus de la moyenne européenne. Sans tricherie aucune, c'est un fait établi que 90% des consultations chez un médecin de ville français donnent lieu à la délivrance d'une ordonnance contre 43% aux Pays-Bas, sans que rien ne permette d'affirmer que l'état de santé des Français est deux fois plus désespéré que celui des Hollandais. La seule question que posent ces statistiques, et elle est de taille, est de savoir pourquoi le « moral » des Français est aussi faible, pourquoi trois Français sur cinq sont convaincus que leur pays connaît un réel déclin, un déclin dont la défaite de la candidature de Paris face à Londres pour les Jeux Olympiques de 2012 a été une cruelle démonstration. A cause du chômage et du pouvoir d'achat, nous répondent sans hésitation des statistiques décidément « têtues ». Avec 8,8% de chômeurs par rapport à la population active mais près de 20% si l'on rapporte le nombre de demandeurs d'emploi à la population salariée réellement soumise à la menace du chômage, la France fait bien figure de « maillon faible » d'une Europe qui a su mieux que nous, ou presque, combiner compétitivité, solidarité et plein emploi . Au classement du taux de chômage en Europe, la France est désormais 20ème sur 25, seuls la Lettonie, la Grèce, la Lituanie, la Slovaquie et la Pologne faisant pire que nous...Pourquoi ? Parce que le nombre d'heures travaillées est plus faible en France qu'ailleurs ? Parce que nos politiques d'emploi sont moins efficaces qu'ailleurs ? Parce que nous avons créé des « trappes à pauvreté » plus que réelles incitations à trouver un emploi ? Les statistiques ici rassemblées permettront de se faire une « opinion » pour ne pas voter « nul » en 2007. Avec , par ailleurs, un PIB par habitant seulement supérieur de 8% à la moyenne des vingt cinq Etats membres de l'Union européenne, les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark, la Belgique, le Royaume-Uni et la Suède se situant entre 15% et 25% au dessus de la moyenne, la France est en passe de se « smicardiser ». Autre statistique « têtue » : 15,6% des salariés français étaient en 2004 payés au Smic, contre 3,1% des Irlandais, 2,1% des Néerlandais, 5,5% des Portugais et 1,4% des Britanniques. Qu'il y ait dans l'opinion publique le sentiment que la vie est aujourd'hui plus difficile qu'hier est un sentiment totalement justifié tant il est vrai que le revenu de la majorité des Français n'est pas très élevé. Que la moitié des personnes habitant en France métropolitaine dispose d'un revenu disponible (c'est-à-dire après impôts et transferts sociaux) inférieur à 1 315 euros par mois en dit long sur les défaillances d'un pays qui est malgré tout la sixième puissance économique mondiale. Ce qui n'est pas rien . La faute à qui ? La faute à quoi ? Là encore, les statistiques permettent de formuler des hypothèses, sinon des convictions. Force est tout d'abord d'examiner le nombre d'heures travaillées par habitant. Ainsi, un Britannique ou un Danois travaillent aujourd'hui environ 30% de plus qu'un Français. Qu'ils aient un revenu moyen supérieur de 10 à 20% de plus que celui d'un Français est à la mesure de cette différence. Pour expliquer l'écart de niveau de vie entre les Français et les autres, nul besoin de mettre en avant la productivité ou la modernité des uns par rapport aux autres. Il suffit simplement de comparer la quantité de travail. Un constat de « bon sens » partagé par les Français à revenus modestes qui ne sont que 35% à estimer qu'ils ont gagné aux 35 heures contre 56% qui pensent le contraire. Serait-ce la faute aux fabuleux profits des patrons du CAC 40 ? Les statistiques ici rassemblées montrent que si l'on confisquait l'ensemble des salaires des patrons du CAC 40 ( environ 200 millions d'euros en 2005) pour redistribuer ce « magot » aux Français les plus pauvres qui sont, d'après le dernier rapport de l'Observatoire national de la pauvreté, 3 700 000, chacun toucherait un peu plus de 50 euros. Une statistique « têtue » qui montre que prendre l'argent aux riches pour le distribuer aux pauvres ne résoudrait en rien les problèmes bien réels que connaît la société française. Serait-ce la faute aux inégalités qui se seraient considérablement aggravées ? Toutes les statistiques montrent, au contraire, que le taux de pauvreté en France a été divisé par deux dans les trente dernières années et que le rapport entre les revenus des 10% les plus riches et des 10% les plus pauvres ne s'est pas aggravé. Mieux, qu'au sein de l'Union européenne, les inégalités ne sont pas franchement plus marquées en France qu'ailleurs. Sans doute alors serait-il plus utile d'observer les sommes que prélèvent l'Etat, les collectivités territoriales et les organismes sociaux sur le revenu des Français . « Têtues », les statistiques feront alors observer que la France est le pays d'Europe dont le ratio d'endettement a le plus augmenté depuis 10 ans et que c'est également celui où les dépenses publiques se sont le plus accrues. C'est bien le contraste entre le poids des dépenses sociales en France ( près de 30% du PIB) et leur faible efficacité par rapport à celle des pays qui y consacrent autant ou moins que nous qui alimente le faible « moral » des Français. En 10 ans, la dette est passée de plus de 81% du PNB à 44% au Danemark, de 75% à 51% en Suède et de 60% à 45% en Finlande mais de 52% à 65% en France . Et s'il y avait un lien de cause à effet entre l'endettement de la France et la stagnation du pouvoir d'achat des Français ? Surtout et enfin, les statistiques ici rassemblées nous invitent à la « rupture », qu'elle soit « douce », « tranquille » ou « forte ». Que 55% des Français se réfugient dans l'abstention ou dans les votes extrêmes, que cette proportion atteigne 62,5% chez les employés et plus de 70% chez les ouvriers est une très mauvaise nouvelle pour la France. Qu'en mars 2006, 70% des personnes interrogées répondent que les hommes politiques se préoccupent « pratiquement pas » ou « très peu » de ce que pensent les « gens » est à la mesure des risques qui pèsent sur notre démocratie. Autant dire que ce livre, fort modeste, n'a qu'une seule ambition : non pas fournir un essai de plus sur ce qu'il faut ou ne pas faire, sur les « vertus » et les « vices » respectifs des candidats qui se présentent aux élections présidentielles. Il veut simplement offrir à tous les Français de « bon sens », et ils sont la majorité, l'occasion de formuler un diagnostic partagé, et d'en tirer les conclusions qui s'imposent pour ne pas voter « nul » en 2007. |
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La protection sociale la plus coûteuse et la plus inefficace
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Au niveau du salaire moyen |
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Impôts sur le |
Cotisations |
Cotisations |
Prélèvement |
|
|
revenu nets de transferts (1) |
Employés (2) |
Employeurs (3) |
social et fiscal (1+2+3) |
|
Belgique Danemark |
27,9 30,4 |
14,0 10,6 |
30,3 0,7 |
72,2 41,7 |
|
Allemagne |
20,8 |
20,9 |
21,0 |
62,7 |
|
Grèce |
5,6 |
16,0 |
28,1 |
49,7 |
|
Espagne |
13,9 |
6,4 |
30,7 |
51,0 |
|
France |
15,4 |
13,6 |
42,3 |
71,3 |
|
Irlande |
12,5 |
5,2 |
10,8 |
28,5 |
|
Italie |
18,1 |
9,2 |
33,2 |
60,5 |
|
Luxembourg |
12,6 |
13,9 |
13,6 |
40,1 |
|
Pays-Bas |
10,5 |
21,7 |
10,4 |
42,6 |
|
Autriche |
14,0 |
18,1 |
29,1 |
61,2 |
|
Portugal |
10,1 |
11,0 |
23,7 |
44,8 |
|
Finlande |
24,9 |
6,4 |
24,0 |
55,3 |
|
Suède |
24,0 |
7,0 |
32,4 |
63,4 |
|
Royaume-Uni |
17,4 |
9,1 |
10,5 |
37,0 |
|
États-Unis |
15,8 |
7,8 |
7,8 |
31,4 |
Notes : en France, la CSG et la CRDS, qui sont juridiquement des impôts, sont, dans ce tableau, comptabilisées comme impôts sur le revenu, au même titre que l'impôt progressif sur le revenu des personnes physiques. Le prélèvement fiscal est réduit de la prime pour l'emploi. De façon similaire, les transferts monétaires dont peuvent bénéficier les salariés viennent, dans chaque pays, en réduction du prélèvement fiscal. Les taux de prélèvement sont exprimés en % du salaire brut. Sources /Taxing Wages, OCDE, 2006c
Prél èvements fiscaux et sociaux en proportion du salaire brut Cas-type : célibataire (%)
Ce tableau, réalisé par les services de l'OCDE en 2006, permet pour la première fois de comparer les prélèvements fiscaux et sociaux dans les différents pays de l'OCDE. Ainsi, pour ce cas-type d'un célibataire au niveau du salaire moyen, l'ensemble des prélèvements fiscaux et sociaux pèse 71,3 % de son salaire brut contre 31,4 % aux États-Unis, 37 % au Royaume-Uni, 28,5 % en Irlande, 41,7 % au Danemark et 51 % en Allemagne. Seule la Belgique fait mieux ou... pire, avec 72,2 %.
Plusieurs remarques peuvent être faites à la lecture de ce tableau. La première colonne représente les impôts sur les revenus qui prennent en compte la CSG et la RDS, ici comptabilisées au même titre que l'impôt progressif sur le revenu des personnes physiques. À noter qu'il est, ici, inférieur à celui qui pèse au Royaume-Uni et aux États-Unis.
De même, les cotisations sociales à la charge des salariés (13,6 %) ne sont pas atypiques par rapport à celles des autres pays.
Ce qui caractérise vraiment la France est la charge des cotisations employeurs (42,3 % du salaire brut) à comparer avec celle du Royaume-Uni (10,5 %) ou de l'Irlande (10,8 %).
On s'étonnera moins que ces pays aient pu dans les dix dernières années combiner un taux de croissance économique élevé et une division spectaculaire du taux de chômage. Sans doute ont-ils
mieux compris que les gouvernements français que ce sont les employeurs qui créent les richesses et donc les emplois...
Le grand gaspillage
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1993 |
2000 |
2005 |
|
Belgique |
56,2 |
49,1 |
50,1 |
|
Danemark |
60,6 |
54,2 |
53,2 |
|
Allemagne |
48,2 |
45,1 |
46,8 |
|
Grèce |
52 |
51,1 |
46,2 |
|
Espagne |
44,1 |
39 |
38,2 |
|
France |
54,4 |
51,6 |
54,3 |
|
Irlande |
45,1 |
31,5 |
34,5 |
|
Italie |
56,1 |
46,2 |
48,2 |
|
Luxembourg |
45,5 |
37,7 |
43,3 |
|
Pays-Bas |
56,0 |
43,6 |
45,7 |
|
Autriche |
56,7 |
51,4 |
49,6 |
|
Portugal |
47,8 |
43,1 |
47,8 |
|
Finlande |
64,7 |
48,3 |
50,7 |
|
Suède |
72,4 |
56,8 |
56,6 |
|
Royaume-Uni |
46,1 |
39,8 |
45,5 |
Note : pour l'Espagne, année 1995 et non 1993. Source:Eurostat, comptes nationaux
Part des dépenses publiques dans le PIB
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Dépenses |
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Année |
des |
delà |
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Total |
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|
collectivités |
Sécurité |
de l'Etat |
|
|
|
locales |
sociale |
|
|
|
2000 |
128,8 |
284,2 |
267,8 |
676,8 |
|
2003 |
140,2 |
329,7 |
287,3 |
757,2 |
|
2004 |
152,9 |
346,6 |
300 |
799,5 |
|
2005 |
161,9 |
368,9 |
307,7 |
838,5 |
|
2006 |
180,9 |
373,7 |
266 |
820,6 |
Sources : DGCL, MINEFI et comptes de la Sécurité sociale
Structure de la dépense publique en France
Si la dette a autant augmenté en France depuis le début des années 1980, c'est parce que les dépenses publiques se sont accrues en moyenne plus vite que la production nationale alors que les recettes progressaient au même rythme que le PIB.
La France est ainsi dans une situation paradoxale. Alors qu'elle a l'un des niveaux de prélèvements obligatoires les plus élevés du monde en pourcentage de sa richesse, elle a quand même besoin de s'endetter pour financer ses dépenses qui sont, elles aussi, parmi les plus élevées du monde.
Là encore, ceux qui minimisent le problème de la France rappellent que certains pays du Nord, comme le Danemark ou la Suède, ont un taux de dépenses publiques par rapport au PIB plus élevé que le nôtre. Mais c'est oublier deux faits fondamentaux.
Tout d'abord, depuis 1993, ces deux pays ont diminué la part de leurs dépenses publiques en % du PIB (-15,8 % pour la Suède, -7,4 % pour le Danemark). En France, par contre, cette part n'a baissé que de 0,1 %. Ainsi, les dépenses de protection sociale ont pu baisser en Suède et au Danemark En France, elles ont augmenté sans pour autant améliorer leur efficacité.
Comme le démontre l'évolution de tous les pays sans exception, c'est en réduisant massivement le poids de la dépense publique dans les dix dernières années que l'Irlande, le Royaume-Uni, l'Espagne, le Danemark, la Suède ou la Nouvelle-Zélande ont su réduire fortement le nombre de leurs chômeurs.
C'est le contraste entre le poids des dépenses sociales en France (près de 30 % du PIB) et leur faible efficacité par rapport à celles des pays qui y consacrent autant ou moins que nous qui alimente le sentiment d'une impuissance de nos gouvernements devant la précarité dans laquelle vivent chômeurs et travailleurs pauvres
Les impôts baissent mais les prélèvements obligatoires augmentent
Le poids de l'impôt sur le revenu est l'un des sujets de discussion préférés des Français. Ce n'est pourtant pas l'essentiel de l'ensemble des prélèvements qui pèsent sur leurs revenus. Sur 811,7 milliards d'euros de recettes fiscales prévues en 2007, il n'en représente que 58 milliards, soit 7,1 % ; moins que la CSG qui, en 2005, a dépassé le niveau historique de 70 milliards d'euros.
À eux seuls, les prélèvements à destination des administrations de sécurité sociale, annoncés à plus de 411 milliards d'euros, représentent 22,4 % du PIB, soit un tiers de plus que l'ensemble des prélèvements perçus par l'État. En 2005, ils ont représenté pour la première fois plus de la moitié des prélèvements obligatoires (50,6 %). En 2005 aussi, les impôts locaux ont flambé, passant de 3,4 % à 5,6 % du PIB.
Avec des prélèvements obligatoires qui s'élèvent à 44 % du PIB, soit près de la moitié des revenus encaissés par les Français, la France se situe au 5e rang des pays de l'Europe des 15, derrière les pays Scandinaves qui prélèvent légèrement plus mais qui se caractérisent par des inégalités plus réduites, un taux de pauvreté plus faible, un chômage inférieur de moitié à celui de la France, une égalité marquée entre les hommes et les femmes, un niveau de performance éducative exceptionnel, un impôt sur les sociétés qui, en Suède, représente 4,8 % des prélèvements obligatoires et 5,8 % au Danemark contre 6,6 % en France et une charge de ta dette allégée. Autant dire que dans ces pays, le consentement à l'impôt est plus facile ! Car ce n'est pas le montant des prélèvements qui compte mais leur efficacité.
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